Tiens, séquence j'raconte my life ! Ça va pas être trop dur, j'adore ça. J'espère juste que ça va pas être trop initéressant. Bref, passons.

Vous connaissez le problème de retourner vivre à la cambrousse après 3 ans de vie en ville, avec deux mois d'inactivités avant sa reprise des cours et du taf ? Mon problème ?
Et bien vous n'avez plus aucune connaissance dans le coin : résultat, niveau vie sociale, c'est très moyen. Y a bien le week end pour sauver les apparences, mais la semaine ressemble à une longue hibernation geekienne, avec pour seul contact ma fonction d'interface chaise/clavier (©®gamers).

C'est pauvre, très pauvre. Plus pauvre que l'idée d'une loutre shootée au dioxyde de soude d'Alabama. Je me met alors à tourner et retourner toutes les possibilités du champs des possibles des possibilités (oui, c'est super pas lourd comme formule) d'utilisation de sa machine, après moisson des champs (whouuu foooo je me surpasse) je me retrouve à faire un blog, installer et bidouiller nux (avec succés, s'il vous plait \o/)... Tout cela est très bien, me tient même en haleine durant des nuits entières, mais au fond du dedans de moi, il manque quelque chose, y a comme un engrenage qui ne se fait pas. (le premier qui me dit que ça ne veut rien dire du tout ... il a gagné !)

Je tente de trouver ma dose sur IRC, je débite connerie sur connerie, je découvre au coin d'un blog une communauté super sympa, qui trucide de la loutre poilu à la machine à laver (©®cerberusXt), je hante msn, bousille mon forfait de téléphone ... rien à faire, il manque toujours ce petit truc, cet énorme besoin de se frotter quotidiennement à mes semblables.

Putain, les gars, j'suis un être sociable !

Ça, un être sociable ?

Oui, oui, si si. J'ai besoin de ma dose quotidienne ! (et puis ce n'est pas comme si j'allais être en stage en centre social, hein O_o)
Bref, gaaaaa, buuuu, zoooo, meuuuu (Han ! Deviendriais-je shadock ?)

Mais voila que l'autre jour, Ô miracle des miracles, Ô joie des joie, Ô jour nouveau et salvateur, j'étais convoqué à mon centre de formation pour ...
Un exam.
Bon, dis comme ça, c'est sur Arnulf, (si si, ce prénom existe bien ! Pas d'bol ...) c'est mal parti ! Mais bon, comme dirait Jean, l'examen ne fut qu'une formalité de passage et n'est pas ce qui nous intéresse... enfin, ce qui m'intéressais alors. Non, l'évènement est bien la rencontre de gens plutôt nouveaux, ma future classe que je n'avais alors vu qu'une fois, et d'un contact attendu avec la civilisation !

Me voila donc parti au matin, frais comme un gaillard, seul pour le moment dans ma p'tite loutre, (il va falloir vous y habituer, c'est le nom de ma jeune monture, belle et placide Ford Fiesta s'il en est) trépignant d'impatience. Je passe sur l'heure de trajet, sans intéret, pour arriver à ... tadamdam ! ***roulement de tambours ... bon stop ! Ça suffit !***

L'arrivée sur les lieux.
Pendant mon ma-gni-fi-que créneau-trois-coups sur le parking de l'établissement, j'aperçois deux visages connus grelottant devant.
Bon, courrage, je peux le faire, je peux sortir ...
Rahh putain ! Ça caille ! Pourquoi, bon sang pourquoi dès qu'on se gèle les miches tels des surgelés picards c'est à ce moment là qu'on à faire dehors ! Pfff, on m'en veut, j'en suis sur !
Sur ce je m'approche, sourriant ... Enfin sourriant. Je ne sais pas si vous avez déjà essayer de sourire alors que vous tremblez plus qu'un vibromasseur ... ouai, non, c'est possible. À la limite, si tu t'en tire bien, tu laches un sourire bien crispé style Miss france, te donnant un air ... fiiiiiin ! Ce que, évidement, je fis. Hein, c'est bibi, faut pas déconner.
La suite, c'est pareil. Normalement quand tu connais pas vraiment une personne, t'essaies d'être un minimum compréhensible, correcte. On appelle ça faire connaissance, base de la sociabilisation, on cherche à ne pas froisser la susseptibilité non étalonnée de son interlocuteur, faire bonne impression quoi. Bref, comme disait Pépin, c'est un étrange comportement cherchant à faire croire à son prochain qu'on est quelqu'un de normal, pas méchant, pas fou ...

alors que non.

Remarquez, pour le coup, je n'ai pas vraiment eut loisir de raconter des conneries, mes collègues non plus, de lacher une phrase qui faut pas. C'est que parler alors que sa machoire se prend l'envie d'imiter la main de Feu Jean Paul II, bin c'est pas évident, évident. Je dois même dire avoir l'impression d'avoir été profondement débile à bégayer sur tous les mots.
Bon, je décris une scène digne de la Laponie septentrionnale, vous l'aurez donc compris (rassurez-moi : mon lecteurat n'est pas complètement abrutis tout même ! Je sais qu'il faut être sur la même longueur d'onde, mais tout de même ...) je caricature un poil (au cul). Mais cela ne change rien à ce fait :
Le retour à la civilisation s'annonce marrant !!

Au bout de cinq glaciales minutes, on se décide d'un accord commun de rentrer à l'intérieur. Oui, il y a déjà une vraie intélligence de groupe, c'est magnifique, j'en aurais presque ma petite larme ... Ok, j'arrête le pathos.
On se retrouve là une petite dizaine, à attendre la suite des évènements, et hop, déjà un nouveau phénomène sympa : l'exploration murale.
Je sais pas vous, mais moi ça me fera toujours rire de se retrouver comme ça, un petit groupe d'une dizaine de personnes à attendre. Tout le monde se regarde du coin de l'oeil, et comme personne ne parle, hors conversations à voix basses entre 2-3 personnes se connaissant, et bin on cherche à s'occuper.
Là plusieurs techniques :
  • le lecteur : toujours à la recherche de tracts, pubs, pancartes, affiches à lire.
  • l'architecte (ça, c'est moi) : Oh quel joli plafond ! Il a rien de spécial, mais qu'est qu'il est beau ! Et les murs, wouuuhhaaaa cette peinture blanche est vraiment trooop beeelle
  • Le styliste, qui passe en revue l'habillement de tous, ce qui n'a pas fooorcement un grand intéret, puisque généralement les paris styllistiques osés seront tentés plus tard dans l'année. (on en reviens à cette étrange volonté de ne pas choquer les voisins, apparement)
  • L'affamé : ou psychopathonglophage, qui a juré la perte de ses ongles.
Bref, on s'fait chier. Pourquoi personne ne tente une amorce de conversation ? Bin parce que personne n'y répond, pardi mon benêt ! Voila un autre point qui me fait loler tout plein, qui fait que je me bidouille comme un sac au dedans de moi :
J'adore les gens qui tentent, courageusement contrairement à moi, de lancer une conversation. Si quelques fois (pas souvent) ça marche, très souvent, il y a une, voire deux, allez soyons fous, réponses balbutiées rapidement, puis ...
Rien.
Re-silence, re-je-regarde-les-murs pasqu'ils en jettent franchement grave, comme le plafond, ils démentibulent des chèvres du Larzac à coups de légionnaires (SAAAAALE ! ... non monsieur, la chèvre n'est pas à vendre)(ceux qui n'ont pas compris viendront me voir en fin de cours. Attention, j'ai les noms), tiens, j'ai un morceau de patate coincé sous l'ongle ... bref, on se RE-fait chier.



Bon, sur toutes ses réjouissances, vient rapidement là suite : exam, tralala pouet pouet ...
Je passe dessus. De même que le repas et le café qui suivit, que je partageai très agréablement avec deux autres camardes. Non, le dernier évènement sympathique de l'aprés-midi est ...

Suite au prochain épisode (hein hein j'suis vil)